Montréal, du 26 au 30 octobre 2026 — Université du Québec à Montréal (UQAM)

Du 26 au 30 octobre 2026, j’ai participé à la conférence internationale annuelle d’ORBICOM, réseau international de Chaires UNESCO en communication, organisée à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), autour du thème : « Médias, intelligence artificielle et démocratie : imaginaires communicationnels dans un monde numérique fragmenté ».
Cette semaine a été l’occasion de retrouver des collègues, de rencontrer des chercheurs venus de différents pays et de confronter nos réflexions sur les transformations numériques, les enjeux démocratiques, la circulation des savoirs et les perspectives de coopération scientifique internationale.
Au-delà des communications et des débats, elle a également rappelé combien les relations humaines, la diversité des langues et les échanges informels contribuent à la vie des réseaux scientifiques.
26 octobre — Une assemblée générale ouverte sur le monde

La semaine a débuté, le lundi 26 octobre, par l’Assemblée générale des membres d’ORBICOM, réunis en présentiel et à distance.
Bilan des activités, projets collaboratifs, développement du réseau et perspectives de coopération internationale ont nourri les échanges.
Les discussions, en français, en anglais, en espagnol et parfois en italien, ont illustré la diversité linguistique et culturelle de ce réseau international.
Cette édition a également été l’occasion d’aborder les réflexions engagées autour d’un agenda commun de recherche de l’UNESCO en éducation aux médias et à l’information pour la période 2027–2031.

Cinq priorités ont notamment été présentées : repenser l’éducation aux médias et à l’information à l’ère de l’intelligence artificielle ; mieux comprendre et mesurer son impact ; promouvoir une éducation inclusive et équitable ; tenir compte de l’évolution des pratiques informationnelles des jeunes ; et construire des écosystèmes multipartites.
Ces orientations rejoignent plusieurs questions qui traversent mes recherches : comment les informations circulent-elles ? Dans quelles conditions deviennent-elles accessibles, compréhensibles et appropriables ? Comment les dispositifs numériques peuvent-ils soutenir les capacités d’agir des personnes et des collectifs ?
28 octobre — Santé et intelligence artificielle en Afrique : des médiations aux capacités d’agir

Le mercredi 28 octobre, j’ai présenté notre communication intitulée :
« Santé et IA en Afrique : du mégaphone aux réseaux diasporiques, des plateformes à l’intelligence artificielle », élaborée avec le professeur Loïc Josseran, spécialiste de santé publique à l’UVSQ – Université Paris-Saclay.

Cette réflexion interdisciplinaire s’inscrit dans le prolongement de plus de quinze années d’observations et de recherches consacrées aux technologies de communication, aux mobilisations citoyennes et diasporiques et aux médiations sanitaires, notamment au Congo-Brazzaville.
Des campagnes de vaccination contre la poliomyélite en 2010 aux plateformes numériques et aux développements de l’intelligence artificielle, notre communication interroge les transformations des modes de circulation de l’information sanitaire et leurs implications pour les pratiques de prévention.
Le mégaphone, les relais communautaires, les réseaux sociaux, les organisations intermédiaires et les réseaux diasporiques renvoient à des configurations différentes de médiation. Leur succession ne signifie pas nécessairement le remplacement des dispositifs anciens par les nouveaux : plusieurs formes de communication peuvent coexister et se compléter.
Au croisement des sciences de l’information et de la communication et de la santé publique, une question centrale a guidé notre démarche :
Dans quelles conditions une information sanitaire disponible devient-elle une ressource réellement accessible, compréhensible, appropriable et mobilisable par les populations ?
Les échanges qui ont suivi ont été particulièrement stimulants. Une collègue argentine a notamment évoqué des travaux sur les épidémies mobilisant une démarche comparable, ouvrant ainsi des perspectives de dialogue entre terrains et approches de recherche.
Je remercie particulièrement le professeur Loïc Josseran pour sa confiance et son ouverture aux collaborations interdisciplinaires et internationales.
Des rencontres scientifiques et humaines

Une conférence internationale ne se résume pas aux séances de travail.
À Montréal, j’ai eu le plaisir de retrouver des collègues bordelais, de renouer avec des connaissances et de faire de nouvelles rencontres. Les conversations se sont poursuivies dans les couloirs, entre deux communications, autour des repas et au fil des déplacements. Ces moments rappellent que la coopération scientifique repose aussi sur la confiance, la convivialité et la possibilité de mieux comprendre les expériences des autres.
Je tiens également à souligner la qualité de l’accueil réservé aux participants par les organisateurs et les équipes mobilisées à l’UQAM. Orientation, inscriptions, informations pratiques et accompagnement ont contribué au bon déroulement de cette semaine.
30 octobre — Découvrir Montréal et prolonger le dialogue scientifique
Le vendredi 30 octobre, une journée de découverte de Montréal a permis de prolonger les échanges dans un cadre différent.
De la Biosphère au Biodôme, de l’Insectarium aux Jardins de lumière, cette journée a associé découverte de la biodiversité, paysages de l’automne canadien et conversations entre chercheurs de différentes nationalités. Marcher ensemble, échanger dans plusieurs langues, découvrir une ville et partager des moments de convivialité constituent aussi des occasions de mieux se connaître.
Faire circuler les savoirs, construire des ponts
Dans un contexte marqué par les bouleversements géopolitiques, la désinformation, les inégalités numériques et les interrogations sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, le dialogue scientifique et la pensée critique demeurent essentiels. Les rencontres internationales permettent de confronter les analyses, de rapprocher les terrains de recherche et de faire émerger de nouvelles questions. Elles rappellent également qu’une coopération ne commence pas toujours par un projet formalisé. Elle peut naître d’une communication, d’une discussion entre collègues, d’une rencontre inattendue ou d’une conversation au cours d’une promenade.
Construire des ponts entre les chercheurs, les disciplines et les continents, partager les idées et faire circuler les savoirs au service de la société : voilà tout le sens que je donne à la coopération scientifique internationale.
Je remercie chaleureusement le Conseil scientifique d’ORBICOM, les équipes organisatrices de l’UQAM et l’ensemble des collègues rencontrés pour leur accueil, la richesse des échanges et leur engagement en faveur du dialogue scientifique.
Montréal, octobre 2026 : une semaine de réflexion, de rencontres et de nouvelles perspectives.
Théodora Miere
Maîtresse de conférences HDR en sciences de l’information et de la communication — UVSQ, Université Paris-Saclay
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