1. Un colloque international à l’interface entre SIC et santé publique
J’ai eu le plaisir de présenter le 21 mai 2026 à Bordeaux, dans le cadre du colloque international de la Chaire UNESCO PETCD (Pratiques émergentes en technologies et communication pour le développement), une communication consacrée aux mobilisations sanitaires et aux médiations numériques.
Cette réflexion, menée dans le cadre de discussions avec le Professeur Loïc Josseran, s’inscrivait dans une démarche interdisciplinaire à l’interface entre les Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) et la Santé publique.
L’objectif était de proposer une lecture communicationnelle des dynamiques contemporaines de santé numérique, en interrogeant les usages des plateformes numériques, les circulations informationnelles et les formes de coordination sociale dans des contextes de vulnérabilité.

2. Penser la santé numérique autrement
L’un des enjeux centraux de cette communication consistait à penser la santé numérique non pas uniquement comme une question technologique ou technique, mais comme un ensemble de médiations sociales, relationnelles et informationnelles.
Les usages numériques en santé ne se réduisent pas aux plateformes ou aux outils :
ils impliquent des circulations de savoirs, des dynamiques de confiance, des formes de coordination et des pratiques situées d’appropriation.
Dans cette perspective, la santé publique peut également être pensée comme un processus communicationnel structuré par des médiations, des organisations et des environnements numériques.
Salle du colloque

3. Des terrains entre Congo, diaspora et mobilisations numériques
Cette réflexion s’appuie sur plusieurs terrains menés entre la France et le Congo autour :
- des usages de WhatsApp ;
- des dynamiques diasporiques ;
- des circulations d’informations sanitaires ;
- des pratiques de prévention ;
- et des formes de solidarité numérique observées pendant différentes crises sanitaires ou sociales.
Les plateformes numériques deviennent parfois de véritables infrastructures sanitaires informelles :
on y recherche des médecins, on partage des informations médicales, on organise des collectes d’urgence ou des formes de soutien communautaire.
Les groupes WhatsApp diasporiques jouent notamment un rôle important dans :
- l’orientation médicale ;
- l’accès à l’information ;
- les conseils de santé ;
- ou encore la mobilisation rapide de ressources.
photo avec collègues / échanges scientifiques


4. Des dynamiques ambivalentes
Ces dispositifs numériques produisent cependant des effets ambivalents.
Ils permettent de compenser certaines fragilités des systèmes de santé, notamment dans des contextes marqués par :
- des inégalités territoriales ;
- des difficultés d’accès aux soins ;
- des pénuries de spécialistes ;
- ou encore des fractures informationnelles persistantes.
Mais ces mêmes dispositifs peuvent également renforcer :
- les vulnérabilités numériques ;
- les asymétries informationnelles ;
- les dépendances aux réseaux relationnels ;
- ou les phénomènes de désinformation.
Le numérique ne réduit donc pas automatiquement les inégalités :
il contribue aussi à les reconfigurer.

5. Repenser la santé numérique
Cette communication ouvre ainsi plusieurs pistes de réflexion autour de la nécessité d’une approche :
- interdisciplinaire ;
- territorialisée ;
- relationnelle ;
- et attentive aux médiations informationnelles.
La santé numérique ne peut être pensée uniquement comme une question d’innovation technique.
Elle constitue aussi un écosystème :
🟦 social
🟦 informationnel
🟦 politique
Plus largement, ces travaux invitent à repenser les liens entre :
- médiations numériques ;
- vulnérabilités ;
- trajectoires de soin ;
- justice sociale ;
- et justice informationnelle.



Merci aux organisateurs du colloque, aux collègues présents pour les échanges scientifiques particulièrement riches, ainsi qu’au Professeur Loïc Josseran pour cette collaboration autour des enjeux contemporains de santé publique et de médiations numériques.






