Hommage à mon père Théodore MIERE (1943-1988) : « Bâtissons notre pays à l’image des termites »

Mon père, Théodore MIERE, était président de la cellule du parti pour le quartier 57 Ouénzé (arrondissement 5, Brazzaville, capitale du Congo), à l’époque des élections populaires, il est élu membre du Conseil Municipal de Ouenzé.

Au niveau national, il était conseiller de Brazzaville, élu à Ouénzé. Avant son décès, il était conseiller auprès du Ministre de la Santé et des Affaires Sociales, après un passage au cabinet du Maire de Brazzaville.

Il  obtient son CEPE avec comme instituteur David Charles Ganao (homme politique et diplomate congolais) et le Brevet à Ndjambala  puis suit un cycle court au Lycée Savorgnan de Brazza, avec comme compagnon d’internat un certain Claude Ernest Ndalla dit Graille.

A cette époque, il y a carence d’enseignants au Congo. Il ira enseigner à Ouesso, Mokeko, Kinkala, Kindamba.

Il est nommé directeur d’école à Kindamba de 1965 à 1968, il est aussi directeur d’autres écoles à la Mosquée de Brazzaville, à Saint-Michel Ouénzé (la clôture qu’il a contribué à mettre en place existe encore de nos jours) et à l’école de la Tsiémé (travaux d’assainissement et clôture).

Il est  élu meilleur directeur d’école et reçoit des mains du président de la république de l’époque M. Massambat Débat un dictionnaire.

En 1975, le quartier 57 Ouénzé, Brazzaville est le quartier pilote pour les initiatives. M. Th. MIERE reçoit la visite de M. Th. Obenga, Ministre des Affaires Etrangères.

Rédacteur en chef du journal Etoumba (rubriques politique et vie rurale) en 1976, il a travaillé à l’INRAP (Institut National de Recherche et d’Action Pédagogique, chargé de choisir les manuels scolaires au programme dans les écoles).

D’octobre 1980 à octobre 1985, il est étudiant à l’Ecole Supérieure du Parti. Il en sort avec un diplôme en Sciences Sociales en 1985 (niveau Bac +5) et devient Professeur certifié de Lycée, option philosophie politique.

De 1985 à 1988, il est conseiller auprès du Ministre de la santé (Bernard Combot Matsiona), à la Direction de la coopération (il avait écrit un rapport sur les relations entre le Congo et d’autres pays dans le domaine de la santé).

Juge non professionnel à la Cour révolutionnaire de justice.

C’était un homme social, il était sensible à l’intérêt général, à  l’initiative individuelle, « Tali mu mburu » est sa devise, il faut croire en l’homme malgré les mauvais agissements de certains, « parce que l’homme est aussi capable du meilleur ».

Il a encadré beaucoup de jeunes. Surnommé Descartes, le philosophe, pour ses qualités d’élocution et ses discours.

Il fait partie des enseignants les plus gradés du Congo dans les années 80.

Ses principales actions dans le quartier 57 Ouénzé, Brazzaville :

L’achat de l’ambulance

En 1976, il lance  l’idée d’acheter une ambulance sur fonds propres. Chaque habitant devait cotiser 100 francs CFA. A la fin des années 70, Mouléké a été le seul quartier de Brazzaville à se doter d’une ambulance sur fonds propres.

Maison de quartier : « Foyer populaire »

M. Théodore MIERE a  l’idée d’acheter un terrain pour en faire une maison de quartier et de mettre en place un atelier moderne de couture et un atelier de menuiserie. Il fallait créer des recettes pour le quartier, un endroit où les personnes puissent s’éveiller, se distraire. Cette salle devait servir pour les cérémonies, le principe était celui du fonctionnement solidaire.

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Tribunal coutumier

Après son passage à la cour révolutionnaire de justice, il a eu l’idée de créer un tribunal dans le quartier M. NKODIA, M. ENTSEYA, M. TANKALA sont ses compères. Ce tribunal  existe encore de nos jours dans le quartier 57, ouénzé.

Rénovation de la Salle des mariages de la commune de Ouénzé où son corps est exposé, avec affiché sur le mur son slogan préféré, « construisons notre pays à la manière des termites ».

– Construction de l’Ecole maternelle du quartier 57 Ouénzé et du dispensaire

Opération 2000

Il fait venir de l’eau courante dans le quartier 57.

Achat d’un véhicule pour le ramassage des ordures 

Opération retroussons les manches – Salongo

Chaque samedi, les parents d’élèves sont invités à aller nettoyer les écoles maternelles et primaires publiques Saboukoulou 1 & 2.

Dans les années 80, le quartier Mouléké disposait également d’une bibliothèque avec également la possibilité pour les jeunes du quartier de bénéficier d’un soutien scolaire.

Il emmenait les jeunes du quartier en excursion à la Léfini, Odiba pour les travaux champêtres.

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Théodore MIERE, nous quitte le 19 août 1988, à 45 ans, en laissant 6 enfants, une petite fille et un quartier 57 Ouénzé endeuillé. Son corps est exposé à la Mairie de Ouenzé (arrondissement 5 de Brazzaville, Congo), pour un dernier hommage,  il est ensuite enterré au cimetière du centre ville, à Brazzaville, Congo.

5 réflexions sur “Hommage à mon père Théodore MIERE (1943-1988) : « Bâtissons notre pays à l’image des termites »

  1. Ma soeur Tali mu mburu, tara ali ya raison, et ma défunte mère Ma Bwolo disait « litchuai mu ma bé- mbo mu mé, nzon ya bo, mwé ku dzon! j’ai apprécié cet hommage d’une fille pour son père, je suis persuadé que nos papas se connaissait, toi qui connaît bien ce quartier 57, mon père a eu un bar à la rue Abolo sur l’av. de la Tsiémé , puis à la rue linzolo sur l’avenue de l’intendance « kinkwara ». Encore merci pour ce moment de partage.

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