Mon père écrivait dans ses carnets : « Il faut enseigner le moins possible et faire trouver le plus possible. »
Il avait longuement travaillé sur ces questions, à l’Institut national de recherches et d’actions pédagogiques.
Mais au fond, cette phrase disait plus qu’une méthode : elle disait une manière d’être au monde.
J’ai grandi dans une maison qui était à la fois une école, une bibliothèque, un lieu de discussion politique et pédagogique. Apprendre n’y était jamais séparé de vivre. Penser n’y était jamais sans responsabilité.
Aujourd’hui, à l’université, je retrouve cette phrase autrement.
Dans les regards d’étudiant·es qui doutent puis osent. Dans les parcours de doctorant·es qui cherchent leur voix.
Dans les messages de parents reconnaissants de voir leurs enfants gagner en confiance.
Faire trouver. C’est accepter de ne pas tout dire. C’est poser un cadre ferme, mais laisser de l’espace.
C’est croire que l’intelligence se construit dans le temps, pas dans l’urgence.
Cette phrase de mon père continue de circuler. Elle est devenue un fil entre les générations.
Un fil entre lui, moi, et celles et ceux que j’accompagne aujourd’hui.
et peut-être est-ce cela, transmettre : laisser quelque chose continuer à vivre, même quand tout aurait pu s’arrêter.
Milie Théodora MIERE

